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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 21:59

 


jane-sur-son-lit-de-fortune.jpg

Intemporelle, l’enquête peut avoir été vécue par le couple Jisbon à n'importe quel moment de la saison 3, avant le "fameux final". Quoi qu'ils éprouvent, ils n'en diront rien.

 

 

 

mentalist-le-bel-au-bois-dormant.jpg

 

Chapitre 1 - « Les fantômes ne tirent pas sur les gens … »

 

CBI, Sacramento, fin d’après midi.

 

-          Jane, vous êtes là ?  demande Teresa d’une voix à peine audible, alors qu’elle fait

glisser la porte de « son cagibi ».

 

Elle entre dans la pièce à pas de loup et le regarde en souriant. Il est allongé sur le lit de fortune qu’il s’est improvisé avec un vieux bureau et quelques bricoles, insondables.

Elle s’avance vers lui, une moue circonspecte aux lèvres. Comment fait-il pour tenir là-dessus ?

 

Ses boucles blondes chiffonnées couronnent son visage d’ange, auquel elle a appris à ne pas se fier. Paradoxalement, quelques rides barrent son front tandis qu’il esquisse un sourire plein de quiétude. Elle retient son souffle et s’approche en silence.

Il semble dormir d’un profond sommeil. Un léger ronflement ponctue sa respiration tranquille, qui soulève sa poitrine à intervalle régulier. Entraînant dans un ballet alangui ses mains croisées sur son ventre. Elle a du mal à détacher ses yeux de ses doigts longs et fins, parfaitement manucurés, qui témoignent du soin qu’il sait prendre de sa personne.

Et tranchent avec son allure parfois débraillée, quand il émerge, après s’être assoupi, lui qui ne dort jamais bien longtemps. 

 

Elle s’attarde sur son alliance qu’il ne quitte jamais. Signe de son éternel attachement au lourd passé qui l’a conduit à faire partie de sa vie. Elle déglutit mais sa bouche reste sèche. Le malheur qui le frappe est la cause de leur rencontre. Elle en éprouve comme une honte, mais elle ne peut s’empêcher d’y penser. Il est ici. Et elle en est heureuse.

 

-          Lisbon ? Sa voix douce la tire de ses pensées.

Vous me regardez dormir ? murmure-t-il avec un sourire taquin.

 

-          Je ne vous regarde pas dormir ! Nie-t-elle farouchement.

Il se relève doucement, l’air amusé.

 

-          Vous me regardez dormir. Répète-t-il sur un ton facétieux.

Il s’étire comme un chat, les bras en avant.

 

-          Je ne vous regardais pas dormir ! répète-t-elle en haussant le ton, pour toute défense.

Je n’osais pas vous réveiller. Vous aviez l’air si paisible … ça ne vous arrive pas si souvent.

-          Je ne dormais pas de toute façon. Objecte-t-il, en baillant.

Réprimant une folle envie de s’étirer complètement, il esquisse un petit mouvement du bras droit, tandis qu’il se gratte le dos avec le pouce de l’autre main.

 

 

Lisbon-et-Jane-dans-le-grenier.jpg

 

-          C’est ça. Vous réfléchissiez. Affirme-t-elle avec malice.

Vous ronflez quand vous réfléchissez ! Se moque-t-elle, en espérant lui faire changer de sujet.

 

Il sourit de plus belle.

-          Ouououhhhh … rit-il sous cape, en haussant les sourcils.

Vous me regardiez …

 

Elle remue la tête en signe de désapprobation avec une moue désabusée. Quel gamin !

 

 

C’est pourtant vrai qu’elle prend plaisir à le regarder. Il est plutôt bel homme après tout. Y’a rien à jeter !

Pas très grand, pas très baraqué. Sa stature est pourtant idéale pour elle, qui a eu la chance d’être réconfortée à l’intérieur de ses bras. Dont la musculature à ce qu’elle a pu mesurer est fort honorable. Une finesse athlétique qui renforce « un petit côté surfeur », en contraste avec la classe toute britannique de sa posture habituelle. Sa mise, généralement élégante et raffinée, impose une certaine distance, dont privilégiée, elle s’est depuis longtemps affranchie.

Elle s’est déjà laissée aller avec délice à se lover contre sa poitrine, assez large pour contenir un cœur plus vaillant qu’il ne voudra jamais l’admettre, bercée par sa voix à la note séraphique, si apaisante, quand elle n’allait pas bien.

 

Et en dépit de son comportement exaspérant, elle le trouve attirant, elle doit bien le reconnaître. Mais, elle est la sœur de trois frères, qu’elle a pratiquement élevés. Et ses frasques d’adolescent attardé la fatiguent. Trop, pour envisager la moindre relation sérieuse avec un homme, qui sous ses airs de Peter Pan, masque mal un chagrin des plus handicapants. Certes, un homme malheureux éveille dans le cœur de toute femme le désir de le consoler, mais elle le sent bien loin de se résoudre à se laisser faire.

 

Elle lui lance son regard le plus noir et affiche son air le plus sévère.

-          Ça suffit ! On a une affaire ! Maugrée-t-elle en lui balançant un coup de poing dans le bras.

Ce qui a pour effet de raviver son sourire enjôleur. Il se frotte l’épaule en mimant exagérément la douleur.

-          On a une affaire ! Dit-il avec un sérieux théâtral. Il s’assoit correctement au bord de sa couchette et fait mine d’écouter avec attention.

De quoi s’agit-il ?

-          Un meurtre. Dans la Baie.

-          Hum, hum … et … pourquoi ça n’est pas la criminelle qui s’en charge ?

-          Euh … La police locale est dépassée. Ils font appel à nous … rapport à votre statut « d’ancien médium » …

Il hausse un sourcil circonspect qui lui évite de poser la question, à laquelle Teresa répond sans conviction.

-          … parce que … selon les premiers témoignages, celui qui a fait le coup … est un fantôme.

Pour toute réponse, il écarquille les yeux en grand.

 

-          J’savais qu’ça allait vous plaire. Sourit-elle.

 

jane-tout-sourire.jpg

 

 

Une fois dans la voiture, il remet ça !

Au volant, Lisbon fulmine. Sa mine réjouie et pleine d’espièglerie a le don de lui porter sur les nerfs. Surtout quand c’est elle qui en fait les frais !

 

-          Vous me regardiez … chantonne-t-il.

-          Vous allez arrêter avec ça ? Je ne vous regardais pas dormir !

-          Il n’y a que les amoureux pour se regarder dormir … continue-t-il de la provoquer sur le même ton.

-          Vous allez vous taire à la fin ? Je ne vous regardais pas dormir. Je vous laissais profiter d’un repos mérité.

-          Mais vous me regardiez …

-          C’est bientôt fini, oui ? !

 

Il s’enfonce dans son siège en affectant l’attitude d’un garnement qui s’est fait gronder.

Il dodeline de la tête sur un rythme qui laisse deviner qu’il continue sa chansonnette, à l’intérieur de son cerveau dérangé.

 

-          Vous arrêtez maintenant ! Lui intime-t-elle, à l’évidence fatiguée de ce petit jeu.

 

-          Ne rougissez-pas Lisbon. Se radoucit-il. C’est agréable de savoir que vous m’appréciez.

-          Quand vous dormez ! Ah ça oui ! Le reste du temps vous êtes ingérable !

 

Il encaisse la pique en faisant la moue. Il se redresse et prend une attitude plus mature. Il lâche un profond soupir.

-          Ne vous fâchez pas Lisbon, je vous fais marcher … ça fait passer le temps. On n’est pas arrivé.

Le trafic est plutôt dense à cette heure de la journée et elle va devoir le supporter encore un bon moment.

-          Je le sais bien. Et ça commence à m’énerver ! Vous n’en n’avez pas marre de jouer les sales gosses tout le temps !

 

Il sourit en pouffant à sa remarque, qui le plonge néanmoins dans un étrange silence.  Il sourit à nouveau, en soupirant.  « Tu n’en n’as pas marre de me provoquer ! Espèce de sale gosse ! »

 

Il lui arrivait de lui parler comme ça de temps en temps. L’image de son épouse le haranguant, un peu à la manière de Lisbon, lui apparaît comme dans un épais brouillard. Tout à coup le voilà revenu  plus de dix ans en arrière. « On ne dirait vraiment pas que tu es devenu père ! Regarde ta fille, elle bien plus sérieuse que toi ! »

La blonde chevelure de la petite Annie lui fouette le visage avec douceur. Elle rit aux éclats, à califourchon sur les épaules de son papa. Elle ne doit pas avoir plus de quatre ans, dans ce souvenir là. Un de ceux qu’il tire au sort, à la moindre occasion.

Pas un jour ne passe sans que leur souvenir l’envahisse. Il sourit. Mais son cœur se serre. Le parfum de cette chevelure … le sourire de sa femme, leurs rires mêlés …

Les yeux dans le vague, il laisse échapper un soupir.

 

-          Qu’est-ce que j’ai dit ? Vous êtes vexé ? S’inquiète Lisbon.

-          Hum ? Non. Se reprend-t-il … Il lui sourit,  mais elle sent que le cœur n’y est pas.

Je pensais … je pensais aux fantômes … tente-t-il d’ironiser.

Ça ne tire pas sur les gens … les fantômes. 

Belle diversion.

-          Non, mais ça peut resurgir du passé. Rétorque Teresa, comme si elle avait pu lire dans ses pensées.

Il fronce les sourcils.

-          Mouais … vous croyez ?

mentalist Jane et Lisbon en voiture

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Published by La Vie Rêvee de Domibleue - dans Mentalist Exercice Book
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Equation Philosophique

"Ne rien posséder et poutant tout avoir ..." c'est une équation difficile à résoudre dans notre société de consommation. Seule peut-être l'imagination peut apporter la solution...  J'ai une proposition : modifions l'orthographe du second terme: "à voir". Voilà qui donne des perspectives ...

Ne Rien posséder et pourtant Tout à Voir ...

Conteurs d'histoires et spectateurs travaillent ensemble à chercher la réponse ... Bienvenue.

Que vous soyez cinéastes professionnels ou amateurs, auteurs ou lecteurs, simples spectateurs ou "créateurs" (entre guillements car nous sommes tous souvent plus créatifs que nous ne voulons l'admettre...) je vous invite à chercher avec moi la réponse.

Que nous la trouvions ou pas, n'a pas vraiment d'importance, ce qui compte c'est le nombre de pistes que nous aurons à explorer ...

Cheminons ensemble voulez-vous, c'est si bon de faire des rencontres ... et pour ceux qui auraient des doutes, si si, vous êtes bien sur un blog de cinéphile ... Disons ... sur un blog cinéphilosophique... Quand la magie de l'image et de l'imaginaire se combinent . Ah, le ciné  ... c'est aussi un bon moyen de philosopher ... il n'y a qu'à se promener sur les forums ... moi, ça m'éclate !

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